Guide · mis à jour juillet 2026
Vérification des extincteurs : quelle périodicité en 2026 ?
« Tous les ans » ? « Tous les trois ans » ? Les deux réponses circulent — et les deux sont justes, à condition de savoir de quoi on parle. Voici la règle exacte pour un commerce, un restaurant ou tout petit ERP de 5e catégorie.
Ce que dit la loi depuis mai 2024
Pour les ERP de 5e catégorie, c'est l'article PE 4 du règlement de sécurité qui s'applique. Sa rédaction a changé avec l'arrêté du 17 mai 2024 : l'entretien et la vérification des installations — extincteurs compris — par un technicien compétent doivent désormais avoir lieu « tous les trois ans au plus ». Avant cette réforme, le texte disait seulement « au cours de l'exploitation », sans butoir : beaucoup de fiches pratiques en ligne n'ont pas été mises à jour.
Trois ans, c'est donc le plafond légal à ne jamais dépasser — pas la recommandation. En pratique, la norme NF S 61-919 sur la maintenance des extincteurs et la quasi-totalité des contrats d'entretien prévoient une visite annuelle. C'est aussi ce qu'attendent les commissions de sécurité et les assureurs. Notre conseil : restez sur un rythme annuel, le butoir de trois ans étant votre filet légal.
Cas particulier : locaux à sommeil
Si votre établissement comporte des locaux à sommeil (petit hôtel, chambres d'hôtes ERP), les périodicités renforcées de l'article PO 1 s'appliquent : extincteurs vérifiéstous les deux ans au plus, installations électriques tous les ans, système de détection incendie tous les ans avec contrat d'entretien obligatoire.
Qui peut vérifier ? Combien d'extincteurs faut-il ?
En 5e catégorie, la vérification en exploitation peut être réalisée par un« technicien compétent » — typiquement votre installateur ou une société de maintenance incendie ; l'organisme agréé n'est exigé que dans des cas particuliers (mise en demeure, ascenseurs, locaux à sommeil avant ouverture). Côté dotation, la règle de base est d'un extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres pour 300 m², avec au moins un appareil par niveau (article PE 26).
La preuve compte autant que la vérification
Une vérification non tracée n'a presque aucune valeur le jour où on vous la demande. La date, le nom du vérificateur et ses observations doivent être reportés dans votreregistre de sécurité, et le rapport d'intervention doit y être annexé (article PE 4). C'est cette trace — datée, signée — qui vous protège face à la commission, à l'assureur ou au juge.
Sources
- Arrêté du 17 mai 2024 modifiant l'arrêté du 25 juin 1980 (Légifrance)
- Articles PE 4, PE 26 et PO 1 de l'arrêté du 25 juin 1980 modifié
- SDIS 54, « Vérifier et entretenir les installations techniques d'un ERP »
- Norme NF S 61-919 (maintenance des extincteurs portatifs)